I dit it ! Le Polar triathlon de Cannes, vu par Charly

1 000 mètres de natation dans une eau glaciale, 50 kilomètres de vélo sous les foudres de Zeus, 8 kilomètres de running jusqu’au bout de soi-même. A la fin du Polar Triathlon de Cannes, pas comme à Koh Lanta, il en restera 1 000. J’étais l’un d’entre eux, on plonge ?

Plus d’une semaine après, n’est-ce pas un peu long pour publier un compte-rendu de course sur le net ?

Certes, mais… « La nostalgie, camarade… » Toute la semaine, j’ai plané de ces instants riches d’émotions fortes. Après ce nécessaire cool down, le moment est venu de vous raconter enfin mon bout d’aventure. Oui, « enfin », car même si vous êtes très gentils, vos centaines de mails depuis 6 jours m’exhortant à publier ce billet commencent légèrement à me courir sur le haricot.

Le pitch : malgré une forme physique incertaine, périostite à la jambe droite, début de fracture de fatigue à la gauche, j’avais néanmoins décidé de vivre l’expérience. Elodie de l’agence Bernascom, toujours avide de défis et surtout d’en faire vivre aux autres, m’embarque pour le Polar Triathlon de Cannes, en relais. Polar, puisque la marque déclinant entre autres des montres connectées, a pris le naming de l’épreuve cette année. Ce sera donc la natation, rien que la natation, mais toute la natation, pour reprendre une formule mitterrandienne à propos de la constitution et de la répartition des prérogatives président/premier ministre en cohabitation.

La team de choc(s) !
La team de choc(s) !

Me voilà donc parti pour Cannes la douce, entouré de mes deux relayeuses chic et choc, Nadia pour le vélo et Sonia pour le Running, laquelle a déjà dégainé ses comptes rendus ici, et ici. Mais il y avait aussi une team de winners, Samuel Etienne (un mec qui trimballe des fiches avec plein de questions dessus) et Stéven le Hyaric de la fédération de Triathlon, qui s’alignaient sur la distance L (2 km de natation, 80 de vélo, 16 de running), Clémence, François, Olivier, Géraldine qui court Run et Chic, Frédéric, Guillaume, Mathieu, Victoria et bien d’autres que j’oublie !

En vrai : ça, c’était les présentations. En vrai, j’avais la pression. Ancien nageur correct, je me devais d’être à la hauteur de l’enjeu, à savoir donner le relais en bonne condition à Nadia, qui flippait légèrement d’être hors délai : 3H15 pour faire une borne de natation + 50 km de vélo, un peu dans la montagne…Grosse pression = 0 sommeil. Anticipation, angoisses de la contre perf, dormi 3H00 sur tout le week-end. Pas zen du tout. Bon, il faut dire que ma préparation avait été très courte, 3 ou 4 séances de vitesse, des 9 fois 100, des 6 fois 400… Un peu léger mais pas inexistant pour autant. Je comptais donc sur mes « beaux restes » pour faire moins de 20 minutes, voire moins de 18 minutes dans ma petite tête.

Samedi matin, tour de chauffe ! Au frais, 8H00 du mat’, dans une eau à 15°, essayage de combis, prise de contact, passages de bouées.

David Hauss, le réunionnais qui avait buzzé l’année dernière en finissant la course à pieds sans chaussures, nous montre le BABA de la natation en tri, d’un crawl fluide et aérien. Il prévient : « bon, à la bouée, ça risque d’être un peu nerveux… » Malgré la meilleure portance due à la combinaison, je me sens lourd, mal aux dorsaux, des courbatures aux épaules, bref, pas une bonne séance de confiance avant la course ! Quelques photos avec le beau gosse et humble champion détendirent l’atmosphère, surtout pour certaines.Polar Triathlon de L’aprèm ? A la cool, essai de vélos pour les uns, bronzette pour les autres, et surtout, préparation des sacs (vélos, running et sportswear d’après course). Moi, je ne pensais qu’à une chose, voir la plage de départ, identifier clairement la zone de relais, repasser le parcours de bouées dans ma tête. J’étais déjà dans la course. Même un dîner entre joyeux lurons n’aura su me faire déstresser. Nuit sans sommeil et sans rêves vaporeux.

Dimanche, c’est la guerre !

Levé tôt, petit déj’ glucidique bien comme il faut 2H30 avant, départ en taxi pour les flemmards comme nous, puisque le départ est légèrement à 2 km de l’hôtel. Dans la zone cycling, chacun vérifie l’état de ses pneus, de ses gels, de ses pompotes (si si…), les réglages de la selle… C’est calme, les palmiers s’agitent et s’embrassent, sous les mélodies suaves d’un album de Pink Floyd, émergeant d’une sono bien inspirée (#marredelatechno d’avant course)… L’heure tourne, les nageurs enfilent leurs combi et foncent s’échauffer dans l’eau, 15 minutes avant la course. Les triathlètes du L se positionnent, Samuel, particulièrement détendu, se place dans le sas de départ, et attend, comme 992 autres, le coup de sifflet libérateur. Un hélico, le trouillomètre à 0, de l’eau, des bateaux, et…

 

SONO PARTITO ! Ils sont partis ! Une horde de sardines en rute ! Voilà ce que c’était ! Ni plus, ni moins ! Je filme du côté gauche du départ, en remarquant que certains passent à droite ou à gauche pour éviter les premiers coups, mais que la première bouée n’est pas loin. Tout le monde se retrouve pris dans l’étau dès le premier virage. Je partirai donc devant, au premier rang, avec ceux qui jouent la gagne. #memepaspeur

10 minutes après, j’enfile ma combinaison néoprène, m’enduit le cou et les aisselles de vaseline résistante à l’eau (sel + frottements = crevasses, irritations, voire saignements, il faut le savoir) et file avec Olivier, bon nageur également, à la zone de départ. Les filles partiront s’échauffer. Pas nous, par choix. Nous avons préféré nous positionner dans les premiers, pour ne pas être ralentis par la masse des nageurs se mettant à l’eau. La stratégie était claire : « on va s’en prendre plein la tête de toute façon, donc, autant pouvoir dérouler sa nage ». Quelques moulinets d’épaules plus tard, nous voilà sur le tapis rouge de départ, entourés des forçats des bassins azurés, des rouleurs de l’éternel, des avaleurs de bitume, et, de quelques déconneurs aussi ! La tension est palpable. Départ dans moins d’une minute, je suis extrêmement concentré. Je réajuste mon bonnet, mes lunettes et essaie de relâcher mes épaules, de penser « plaisir », mais rien n’y fait. Je suis au milieu des fous de la glisse, et ça va cogner dur… (Clique sur le chiffre 2 ci dessous pour lire la suite de mon épopée)