Ma wishlist healthy 2018

wishlist healthy : avec ou sans carottes, c'est vous qui voyez!

Les bonnes résolutions ne tiennent (presque) jamais. Entre le 21 et le 22 janvier, elles fondent comme neige au soleil. Je me contenterais donc d’une wishlist healthy en 10 points pour mon pays, ou pour moi-même. 

1. Des recommandations de santé qui changent. J’en avais déjà parlé ici et ici. Oui, il faut réformer (reformer ?) le PNNS, le programme national de nutrition santé (vous savez, les « 5 fruits et légumes par jour »). D’une part, il est grand temps qu’il se mette à jour en suivant les quelques avancées de l’ANSES (moins de viande, de sel, de sucre) et du Haut Conseil pour la Santé Publique (HCSP), lequel tendait plutôt vers 2 produits laitiers par jour, diminuait les recos de conso de viande et de boissons sucrées et faisait la part belle aux légumineuses et céréales complètes. D’autre part, intégrer le degré de transformation des aliments, comme le fait la classification Nova au Brésil depuis 2010, permettrait de mieux mettre en valeur un socle de base (le brut, le frais, le vrai) au détriment de denrées inintéressantes pour notre organisme. Ben quoi, je ne rêve pas. Ceci est une wishlist healthy , je le rappelle !

2. Une expertise (plus) indépendante : pour ce semestre, j’ai réalisé un travail de recherche sur le thème du discours anti-lait. Pro et anti, thèse/antithèse. Le discours anti-lait a plusieurs fois pointé des situations de conflits d’intérêts, qui peuvent poser problème, d’une part lorsque certains experts prennent la parole dans les médias pour promouvoir l’intérêt des produits laitiers dans une alimentation équilibrée, mais aussi lorsque d’autres, conseillers scientifiques auprès d’industries, sont chargés d’édicter des recommandations nutritionnelles pour la population. Par exemple, l’avis de l’ANSES, sur l’« Etude des liens entre facteurs de croissance, consommation de lait et de produits laitiers et cancers ». L’ANSES rend ce Rapport d’expertise collective à la suite de la saisine du professeur Henri Joyeux, anti-lait « identifié », notamment eu égard à la présence de facteurs de croissance cancérigènes pour l’homme dans les produits laitiers animaux (IGF, TGF, EGF). Le rapport conclut un l’absence de lien entre la consommation de produits laitiers et l’augmentation d’un risque de cancer. Or, sur les 10 experts du groupe de travail, 6 sont en situation de conflit d’intérêt, au sens de celui de l’OCDE[1], puisque certains ont déjà effectué des activités de conseil ou des interventions ponctuelles (travaux scientifiques, essais) pour Nestlé ou Danone. Un autre exemple cible directement un membre éminent du PNNS, puisqu’ il est question de « Rémunération organisme d’appartenance depuis 2003 avec DANONE ; CANDIA » et « Rémunération personnelle avec les organismes suivants : « KELLOG’S – 2006 – AUCHAN – 2006 – CANDIA – 2006 ».

Que dire de la crédibilité de ces experts, chargés d’édicter des recommandations nutritionnelles pour TOUTE la population française ? Et ce d’autant plus que les recommandations du PNNS touchent également pour les produits céréaliers du petit déjeuner (#Kellog’s). Certaines de ces infos sont déjà sorties. Un peu de bruit, peu de scandale, et des recommandations, qui, bien qu’entachées de soupçon (euphémisme), continuent d’être en vigueur aujourd’hui. OKLM.

3. Une prise de conscience de la part de certains étudiants de certaines écoles de diététique et nutrition françaises.

No more kebab, even with Saltbay… ou alors, pas tous les jours les cocos !

Au bout d’un, deux ou trois ans de nutrition, non, on ne peut pas continuer à consommer chaque jour du kebab, du grec/frites, du (né)fast food, des barres de céréales sucre et de gras pour le creux de 17h, des sandwich triangle au poulet pour le petit déjeuner, des chips, des crêpes fourrées d’une pâte à tartiner à 56 % de sucres et 7% de noisettes. On étudie la connaissance des aliments, le process de transformation des produits, on apprend à décoder la VN (valeur nutritionnelle) des étiquettes, dire si tel ou tel aliment est intéressant ou pas à notre santé… Bref, l’âge ou la maturité n’est pas toujours une excuse. C’est de la nutrition, quoi. Donc, qu’il existe une distorsion aussi forte entre la théorie et la pratique, me choque. Mets plus de Gandhi dans ta vie, « Sois le changement que tu veux voir en ce monde ». And wake (the f*ck) up.

4. Moins d’idéologie, plus de bon sens : c’est valable sur de nombreux sujets, notamment l’alimentation ou les sports tendance. L’époque est crispée. Ça nuit vraiment au débat. Je remarque que dès que l’on change ses habitudes pour être mieux, on se retrouve avec 40 experts en nutrition en face de soi, lesquels estiment que leurs habitudes de vie sont également remises en question. J’espère vraiment qu’on arrivera à faire progresser ce débat absurde des pro/anti/veggie/flexi/vegan/viandards. Chacun doit être respecté dans ses choix, même si l’on ne partage pas telle ou telle sensibilité.
Ok, j'avoue, c'est pas trop dans les traditions de noël, mais pour une première, il fut très réussi ! Dernier exemple en date. Je cuisine un veggie burger ↑↑↑ pour mon fils à noël, puisque je lui avais promis et que je ne voulais pas qu’il se sente mis de côté à cette occasion. Ben, ça n’a pas loupé. « Mais c’est quoi cette blague ? », « on lui demande pas d’aimer, on lui demande de bouffer », « et quand il sera invité chez les autres, hein, coment il fera ? ». Bref, top inclusif, il s’est senti super à l’aise à ce moment de sa vie. Thanks. Note pour plus tard : lâcher la grappe à tous ceux qui ne vivent pas comme vous.

5. La prise en charge de l’IKV. Il s’agit de l’indemnité kilométrique vélo. Elle est versée aux salariés utilisant leur propre vélo dans un petit nombre (85 à ce jour) d’entreprises volontaires. Un récent rapport remis à la ministre des Transports Elisabeth Borne estime qu’il faudrait rendre obligatoire cette mesure. Et pour cause : plus de 70% des déplacements domicile-travail de moins de 5 km sont effectués en voiture, selon l’Insee. Je ne pense pas que le #velotaf soit généralisable partout, mais pour ces petits trajets (voire des plus grands pour les plus sportives et sportifs), là où les itinéraires cyclistes sont bien pensés, why not, non ? Le mouvement, c’est la santé.

6. Moins de médecins nutritionnistes qui interviennent dans les médias. C’est un point important de cette wishlist healthy. Certains ont max 40-60 heures de formation et balancent des trucs archi-faux sur l’alimentation. Certains ont clairement des accointances soit avec des labos pharmaceutiques, soit avec l’industrie aggro-alimentaire, soit les deux. J’entends bien que les chaînes de TV (mais aussi les magazines) aient besoin de rassurer leur audimat (mais aussi et surtout leurs annonceurs), d’élaborer un discours non culpabilisant et anti-anxiogène sur la nourriture, mais on ne peut pas balancer impunément des énormités sur des aliments en disant que tel truc est intéressant parce qu’il y a x grammes de protéines dans tel bonbon en oubliant de mentionner la quantité de sucre et le pic de glycémie qui va avec. Idem pour ce médecin dont je ne mentionnerais ni le nom ni le lien vers sa chaîne Youtube, lequel nous proposait il y a peu un mode d’emploi pour manger équilibré dans une importante chaîne de néfast-food.

Selon ce monsieur, il faudrait regarder le poids, la valeur calorique et le taux de graisses. Tout ça ne tient pas debout. C’est un discours de (mauvais) comptable, qui regarde des chiffres qui n’ont pas de sens. 800 kilocalories vides restent 800 kilocalories vides. Après, chacun fait son choix en conscience, 0 jugement de ma part. Mais on ne peut pas dire que tel ou tel sandwich est un « top produit ». En tous cas, pas quand on se dit professionnel de la nutrition. Verbatim de la tante d’une amie, qui disait pendant les fêtes : « la personne était en obésité morbide. A ce moment là, c’était plus un diététicien dont elle avait besoin mais d’un médecin nutritionniste ». Ce qui en dit long au passage sur la représentation des français vis-à-vis des médecins.

7. Plus de mouvement.

wishlist healthy Cannes 2017L’année dernière, j’avais le triathlon de Cannes en ligne de mire :  2 bornes de natation, 100 de vélo et 16 de run pour terminer. En juin, le Redbull 400 (remontée du tremplin de saut à ski de Courchevel), en juillet, le swimrun des trois eaux (35K running, 5 K de natation). J’avais donc sérieusement mis du mouvement dans ma vie pour être à la hauteur de l’effort. Avec l’examen à la fin de l’année, les stages, les rapports à remettre, le boulot, mon fils (last but clearly not least mon petit chat), impossible de s’embarquer dans une telle aventure cette année. Donc, l’objectif est de se caler 2 séances de HIIT du lundi au vendredi dans la salle de sport de mon école + une séance de cardio ou de yoga le week-end avec mon ZippyPass. Le sport me fait un bien fou, autant rester au taquet (cela aurait très bien pu servir au point n°3, mais allons-y progressivement).

8. Moins de scroll ! J’ai 8 mois difficiles à passer. Beaucoup de boulot dans tous les sens et des projets toujours plus fous (un livre à paraître en mars, attention les yeux !). Il faut donc faire des choix pour son bien-être. Cette année, j’ai passé trop de temps sur les réseaux sociaux et sur les écrans. Je continuerai à être présent, mais je me désabonnerai des comptes de « tag un pote », des « vidéos satisfaisantes à regarder », et de toutes les choses sans grand intérêt. Bref, maîtriser (un peu) mon temps de cerveau disponible.

9. Expérimenter le fasting sur quelques semaines : cela consiste à faire un jeûne quotidien de 16 heures, repas léger le soir et sauter le petit déjeuner. Ok, ça va à l’encontre de tout ce que j’ai appris (petit déjeuner = repas le plus important de la journée, suite du jeune nocturne, reconstituer les réserves etc…). Simplement, je l’ai fait plusieurs fois pendant mon stage à l’iaB en novembre, et je me suis senti mieux. Energie, contrôle du poids, vigilance. Donc, à confirmer (ou pas) cette année.

10. Devenir plus optimiste

J’en ai envie et besoin. Je suis constamment insatisfait de ce que j’accomplis, je minimise mes réussites comme mes progrès et zoome sur les 5% qui ne vont pas dans ma vie, ce que je ne fais pas assez bien ou pas assez à fond, le études comme le boulot. Bref, il est temps que ça change car ça me mine l’esprit. Donc, progressivement, on va se conditionner pour obtenir ce que l’on veut. A défaut de croire en soi, intégrer ce que dit mon entourage proche (#jaidesqualitésdeouf) pour commencer. L’idée, c’est aussi de croire en l’issue favorable des choses et de la vie et se dire que les efforts connaîtront un développement heureux. Rendez-vous le 31/12/2018 pour savoir si ça a marché !

A toutes et à tous, healthy year 2018 !

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[1] « Un « conflit d’intérêts » implique un conflit entre la mission publique et les intérêts privés d’un agent public, dans lequel l’agent public possède à titre privé des intérêts qui pourraient influencer indûment la façon dont il s’acquitte de ses obligations et de ses responsabilités.

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