J’ai eu mon Bachelor diététique et nutrition !

Je l'ai eu, ce Bachelor diététique et nutrition !

L’amour dure trois ans. Comme mes études de nutrition ! FINI ! Après avoir eu mon BTS-diététique, j’ai obtenu mon Bachelor diététique et nutrition à l’EDNH Paris ! 2016/2019.  J’ai réussi . Avec un boulot à côté et un ado à élever. Trois années d’études, ça valait bien un (long) post, non ? 

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur ce fameux Bachelor diététique et nutrition, via mon compte Instagram. J’avais envie de vous parler un peu de ces trois années, qui sont passées aussi vite qu’un mandat de Barack Obama (c’est sûr que si on compare à maintenant, hein…). 

Pourquoi cette reconversion ? Je suis journaliste depuis 12 ans. Lorsque j’écrivais des articles, j’en savais peu sur mes lectrices/lecteurs. Je ne savais pas ce qu’elles ou ils faisaient de mes infos. J’ai voulu me rapprocher des gens pour améliorer leur santé. J’avais mis de côté mes indemnités de licenciement de 2014. Hésité à devenir coach sportif, mais je me suis dit, go pour la nutri, plus cohérent.

Pourquoi une école ? Trop vieux pour le lycée Rabelais (plus de 26 ans, bim). Plusieurs formes possibles (à distance ou en présentiel) mais je me suis inscrit dans une école, car je savais que j’aurais eu du mal à me discipliner, et que j’aurais toujours été tenté de mieux gagner ma vie avec le journalisme, les livres, ou de partir en voyage de presse…J’ai préféré me cadrer. A raison de 30 heures par semaine environ. Un sacré rythme, avec le boulot à faire en plus, mes articles le soir, le week-end, les jours fériés et les vacances.

Pourquoi l’EDNH ?J’ai fait le tour de plusieurs écoles qui proposaient ce type de formation. J’ai choisi l’EDNH car d’une part, on m’a répondu avec sincérité à toutes mes questions lors des JPO. D’autre part, l’école avait eu le bon goût de ne pas commenter ce que faisait telle ou telle école concurrente (contrairement aux autres). De plus, c’était l’une des seules, à l’époque, à proposer un cursus en trois ans, contre deux pour les autres. Enfin, et surtout, je me suis senti bien dans cette école, et j’ai préféré suivre mon intuition plutôt que les avis des autres. Et je ne regrette pas.

Le contexte, en octobre 2016 : au tout début de ma première année, je vivais avec ma compagne, ses deux enfants et mon fils. Séparation brutale deux mois après la rentrée. Qui peut sonder le mystère des couples ? Personne. Si j’avais su… Et bien, si j’avais su, je n’aurais peut-être pas entamé de reconversion et je ne serai surement pas où j’en suis aujourd’hui ! C’est la vie. Et après les tumultes, elle m’a souri et j’ai su lui sourire. 

Déménagement, donc. Ayant diminué mes ressources pour me consacrer aux études, pas le choix, retour, non pas à Reims (celui ou celle qui a la référence, bravo), mais chez ma mère. Avec mon fils. Donc, accepter d’être fils et père en même temps. Omg. Passons. Nan, ne passons pas. Pas facile. Pour tout le monde, je crois ! Mais au moins, j’avais une ambiance de boulot propice, ma mère étant une curieuse insatiable de nutrition et extrêmement au fait des dernières avancées scientifiques. Et mon fils avait un toit, bien au chaud, c’était le plus important pour moi.

Ce n’est que fin 2017/début 2018 que je me suis donné les moyens d’assumer un autre logement. Second déménagement. Mais, plus émancipateur. La sortie du tunnel était proche ! 

Mais revenons à cette première année. EDNH, école de diététique et nutrition humaine, à Paris 6ème. Le jour de la rentrée, chacun se présente. Une jeune femme prend la parole. « Bonjour, je m’appelle Clémence, j’ai 17 ans et j’ai passé mon bac l’année dernière ». Dans ma tête : « b*tch, damn. »  C’est mon tour : « bonjour, je m’appelle Charles, j’ai deux fois 17 ans, et je n’ai clairement pas passé mon bac l’année dernière ». Le premier jour, un étudiant me demande : « mais du coup, on doit vous appeler monsieur ? ». Mort de rire. Ma réponse fuse : « non, appelle-moi maître, ce sera plus simple ». Le premier jour commence fort. Un peu d’humour brise la glace.

Première année = BTM= Bioche ta mère

Les deux premières semaines, je prends l’eau. Largué en biochimie et autres subtilités de la cellule eucaryote. La structure des glucides, des protéines, des lipides, l’enzymologie, les joie du pancréas exocrine/endocrine, le système nerveux, le cœur,  les tissus conjonctifs. 1H30 par jour. Chaque jour. Le programme est dense. Faut tenir. Je n’arrive pas à être à jour dans mes TD. La prof est très exigeante. Stressée, stressante. Passionnée, aussi. Le souffle à la porte d’Orléans. Pas mal subissent la pression. J’essaie de prendre du recul.

Je me concentre alors sur ce que j’aime : la connaissances des aliments : enfin on va discuter de quoi les aliments sont faits, leur schéma de fabrication, comment ils atterrissent dans nos assiettes ! Cette matière me galvanisera. Comme à chaque fois, l’intuitu personae du professeur aide. Madame Meunier est sportive, détendue, sans notes, passionnée par les vrais et bons produits. Elle m’a vraiment donné envie de dévorer des livres sur ces sujets. Au cours du semestre, elle m’enlève 5 points pour défaut d’unité (g, ml) dans une colonne de ma ration. Je passe de 13… à 8/20. J’ai la foudre dans les pupilles. Mais… je n’ai plus refait la même erreur. Formateur, donc. Mais à chaque fois que je la recroise, je pense à mon 8/20. 

Les cours s’enchaînent, je découvre la cuisine. Enfin, la technique culinaire et l’hygiène. Passage en revue de la marche en avant des végétaux et de toutes les bonnes pratiques pour limiter le risque de contaminations. Et l’uniforme qui va avec : blouse, charlotte, ongles coupés, rasé, sans montres…. Cuisinant au quotidien, j’ai dû apprendre par cœur les grammages de centaines de recettes (pâte à chou, pâte sablée, poulet basquaise etc…) sans trop de difficultés, même si franchement, ce n’était pas une cuisine épanouissante. On est sur des plats basiques : blanquette, poulet chasseur, crèmes renversées… Beaucoup de sauces, beaucoup de sucre, de viande et de produits laitiers. Je sais pas, j’aurais aimé un module de cuisine végétarienne et équilibrée, avec des conseils top pour l’assimilation des protéines végétales (cf l’acide phytique, cf faire tremper puis pré-germer les légumineuses, cf indiquer les associations les plus vertueuses en fonction de leur aminograme…).

Pendant ce temps, à Vera Cruz… La biochimie m’épuise et m’éreinte. Mi-novembre, je prends rendez-vous avec le directeur, lequel me répond : «Bien sûr. C’est à quel sujet ? ».

-« c’est au sujet de stop ou encore ».

Je lui signifie mon intention de quitter le navire. Il me reçoit et m’écoute calmement jusqu’au bout. Il faut dire que je suis à bout, je ne sais pas où je vais habiter ni comment faire avec mon fils, les études, le boulot. Le plus raisonnable est de partir tout de suite, de retrouver du boulot et d’assumer mes charges. Il me rassure : « bon, t’es un grand garçon. Tout le monde n’en peut plus. C’est le mois de novembre, moins de lumière, d’énergie. On est tous comme ça. Et puis, tu as un fils, non ? Bon, alors, tu vas y arriver. Tu vas lui montrer. Et c’est tout. Ne prends pas de jours de congés, de réflexion. Reviens demain, reste en cours, comprends ce que tu peux, reste dans le rythme et dans la roue des autres, bosse le soir en arrêtant de te dire que c’est compliqué. Répète. Bosse. Et ça va aller ». 

Je ressors de l’entretien comme un boxeur sonné. Mais, il n’a pas tort, ce diable de monsieur Allal. Me revoilà en selle, remonté à bloc. Je comprendrai ce que je comprendrai. Et j’avancerai, contre vents et marées. 

Projet = mûrir

Particularité de ce Bachelor diététique et nutrition à l’EDNH, nous avons un cours de projet Prévention et Santé Publique. En première année, il s’agit de mener un projet de prévention en nutrition en formant des petits groupes d’étudiants. Au menu, trouver une thématique, appeler des dizaines de structures,  concevoir le corps de notre intervention, les supports de formation, fignoler les détails, adapter notre discours… Et tout ça, avant les exams de janvier ! Nous l’avons fait au premier semestre dans une école primaire, pour parler petit déjeuner et goûter équilibrés. Pas si facile de s’adresser à des petits loupiots qui braillent !

En Projet Prévention, essayant désespérément de capter l’attention de ce jeune homme nettement plus intrigué par l’objectif d’un smartphone !

De faire passer les idées essentielles. De ne pas s’énerver quand ils n’écoutent pas ! Nous n’étions pas encore des pros de la nutri, mais nous avions des notions de base de l’équilibre alimentaire. Là encore, le terrain a parlé. Certains enfants ne savaient effectivement pas nommer les légumes, consommaient des céréales et du soda dès le petit déjeuner. Cette intervention m’a fait mûrir. Et oui, à 34 ans ! Important de se frotter au terrain et à ce que font concrètement les gens, les enfants, les parents, avant de prêcher de haut et de loin la « bonne » parole.  A la fin, un oral pour l’examen, en costume, pour faire le point sur ce qu’on aurait pu améliorer. 

Pendant ce temps, les cours d’éco-gestion (gestion des stocks, comptabilité, TVA…) me donnent un peu d’urticaire, mais j’excelle toujours en droit, ma formation initiale. Chaque vendredi du premier semestre, je quitte les étudiants pour aller co-animer… une émission de TV sur MCS bien-être. Truc de fou. Expérience trépidante et enrichissante !

Un Charly très fatigué à l’époque, mais très bien entouré. De quoi redonner du pep’s !

Les stages = resto-co(mestible)

En première année, il y a 2 stages de 5 semaines à trouver, en restauration collective. Soit en liaison froide (genre une cuisine centrale qui prépare les plats à l’avance, les refroidit et les livre aux collèges-lycées, par exemple), soit en liaison chaude, où les plats sont préparés sur place. 

L’idée, c’est vraiment de comprendre comment fonctionne cette fameuse marche en avant, afin que « sale » et « propre » ne se croisent pas et que les contraintes d’hygiène soient vraiment respectées. On check les menus, les fréquences d’apparition de tel ou tel entrée lipidique ou dessert sucré, pour s’assurer que les principes du GEMRCN soient bien respectés. C’est une norme définie pour le plus grand nombre, qui s’assure (en théorie) du grammage des aliments pour les enfants, des fréquences de consommation et du respect de l’équilibre alimentaire à la française (en vrai, il n’est pas obligatoire mais les structures collectives le suivent ou s’en inspirent, mais chut). On passe bien sûr du temps sur chaque poste, en cuisine, un peu en plonge aussi (pour voir), en salle, dans les chambres froides. 

Des hauts et des bas, du chaud et du froid, pendant ce Bachelor diététique et nutrition
On est sur un léger, mais alors très léger strabisme, là, non?

1erstage : restauration d’entreprise en plein Paris, 500/600 couverts/jour, budget ok, contraintes moins fortes. Stage très sympa, ambiance détendue, mais les horaires piquent en mode 7 heures du mat’ (mais fini à 15H !). Suis passé par tous les postes, du décartonnage des denrées à la conception/ajustement de menus. Je regarde les étiquettes et commence à comprendre les contraintes inhérentes à l’hygiène, pour éviter la multiplication des bactéries. Des gens bienveillants et prenant leur boulot très à cœur, un régal. Et une chouette rencontre aussi. 

2èmestage : cuisine centrale dans les Hauts de Seine. Hum, changement de décor. 9 à 12 000 repas par jour. Une usine à bouffe. Énorme machinerie. Ça envoie du steak. Les horaires piquent aussi, en mode « Charles, par rapport à ta ponctualité, c’est important d’être à l’heure. Hier tu es arrivé à 6H53 et du coup, tu n’étais pas prêt à 7H00 devant ton poste, essaie d’y penser la prochaine fois ». J’avale ma salive et réfléchis à cette sortie de la diététicienne. Dans ma tête, envie de beugler : « mais je suis debout à 6H00 du mat’, ça va pas la tête ? Tu te rends pas compte ! ». Je ne suis pas du matin. Je réfléchis et la boucle, gentiment. Et intègre les contraintes du job. Ce sera 6H50 et ….c’est tout. Je me coucherai comme les poules, en même temps que mon fils, à 21 H, et zou. Elle avait raison. L’heure, c’est l’heure. Et il y a des milliers de repas à faire, chaque jour. 

Je note que l’environnement de ce type de restauration collective n’est pas ce que je recherche. Le froid, les néons, la « bouffe » par palettes, les décartonnages de tonnes de poisson, de viande,  l’embarquettage, j’en ai souvent la nausée, engoncé dans mes chaussures de sécurité. Les gens font leur boulot, mais je perçois peu d’épanouissement au travail.

Il y avait un PAI, protocole d’accueil individualisé, pour les enfants allergiques. Chaque midi, je descendais, avec deux autres personnes, en chambre (très) froide, muni de gants et d’une polaire bien chaude, pour disposer les paniers repas de ces bouts de choux. Ça, c’était très émouvant et très responsabilisant. Si tu te plantes, le gamin va direct à l’hôpital. Donc, tu fais bien attention aux étiquettes (sans lactose, mixé, sans gluten etc.), et trois paires d’yeux se relayent pour tamponner la même feuille, trois fois afin de vérifier que personne ne fasse d’erreur. Après avoir tâtonné, j’enchaîne les boîtes de panier repas comme un (presque) pro. Évidemment, les équipes profitent de ma présence pour envoyer le stagiaire « au froid » et diminuer leurs rotations chaque midi. Les gredins. 

Le dernier jour, je reçois le soleil comme une lumière divine. Il est 14H30, je finis mon boulot avec l’énergie de la délivrance, lève mon poing rageur : « I DID IT ! I F*CKING DID IT ! ». Je le crie, en marchant sous les rayons. Job done, next ! 

Deuxième année : la patho ! 

Alors que la première année du Bachelor diététique et nutrition est majoritairement centrée sur le bien portant, la deuxième année met l’accent sur la patho. C’est-à-dire, l’étude des différents régimes liés à une pathologie : les intolérants au gluten, les diabétiques, ceux qui ont la maladie du foie gras, un cancer, une difficulté à avaler les aliments etc… 

Cela se traduit également en cours de technique culinaire, où l’on apprend par exemple à faire une pâte à chou à la farine de riz pour les malades cœliaques ou des enrichissements protéinés dans les soupes ou les gâteaux, pour les personnes en situation de cancer ou les grands brûlés (et oui, car les protéines sont essentielles à la cicatrisation des tissus). 

Toujours un projet prévention, un truc proposé uniquement par l’EDNH. Nous avons donc organisé un MICI-day, dédié aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Hop, recherche de partenaires, organisation de cours de cuisine, communication sur différents supports. Pour ma part, j’ai animé une conférence sur le sujet, avec la présence de Jeanne Deumier, auteur de « Diagnostiquée Crohn » (aux éditions Flammarion) et d’un diététicien-nutritionniste. De l’avis des étudiants comme du public, une intervention intéressante et pleine de bon sens. Happy. 

J’ai failli lui mettre la patée. Et puis, non, en fait.

Pendant ce temps, je continue mes articles, publie un à un mes trois bouquins chez Solar, interview des athlètes de haut niveau, nage avec Florent Manaudou, tape la discute avec Teddy Riner, participe au triathlon de Cannes (2 k swim, 100 k bike, 16 k running), grimpe le tremplin de Courchevel pour le Redbull 400, découvre le Morvan en trail… Bref, une vie de journaliste actif, mais dont la dette de sommeil se creuse, mois après mois. Je participe aux formations d’Anthony Berthou, sources d’apprentissages et de remise en questions sur mes apprentissages de BTS. Clairement. Le soir, je check les devoirs de mon fils et le câline du fond de mon coeur avant de m’écrouler pour de courtes nuits.

La grande nouveauté de cette année, et le grand stress : les stages en milieu thérapeutique. 

Deux stages de 4 semaines, pendant lesquels on est intégré au service, et surtout, on prend en charge des patients, sous la supervisation de notre tuteur/tutrice de stage. 

Ces stages sont extrêmement durs à obtenir. Il faut s’y prendre au moins 1 un an à l’avance. Pour ma part, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai bénéficié d’un stage d’un étudiant qui avait trouvé deux stages (lucky you) et d’un désistement d’un stagiaire pour le deuxième (lucky me !). Les étoiles seraient-elles alignées pour Charly ? Je le crois.

1erstage : clinique de soins de suite dans le 93, dans un contexte de dépendance aux drogues (alcool, cocaïne, ecstasy, jeux vidéo…). Dur, à priori. La diététicienne est très sympa, jeune. Je me demande comment elle fait pour tenir. Elle reçoit les patients en consultation individuelle, en groupe, et check les repas au self chaque midi. La première matinée : « Je n’ai pas regardé mes dates. Du coup, je suis désolé je suis en vacances la semaine prochaine. C’est toi qui animera seul les séances de groupe. » Gloups. J’avale ma salive sans paniquer. J’attends le soir pour paniquer, en fait. OMG ! Je prends un max de notes pendant les consultations et les séances en groupe. La semaine d’après, j’anime un atelier de cocktails sans alcool, un autre sur l’équilibre alimentaire… Hey, finalement, j’assure pas mal, même si les résidents sont parfois un peu amorphes en raison des médicaments qu’ils prennent pour leur sevrage.

Le + dur : trouver la juste distance. Proximité, sans promiscuité. Pouvoir sourire voire rire un peu, mais rester dans un cadre thérapeutique. Et ne pas se laisser déborder par les émotions, y compris lorsque les réunions du staff (médecins, psychologues, infirmières, diététicienne…) détaillent le parcours des résidents que je croise chaque jour. Des abus, des violences, des décès, des premières consommations de drogue dure à 13 ans, des TS (tentatives de suicide) répétées, une perte de boulot, des rechutes, des séjours renouvelés… Le soir, après un long trajet en tram’ et en RER, je m’effondre sur mon lit. Je n’ai pas la force ni l’envie d’écrire une ligne. J’aimerais hurler des octets. Lacérer mon clavier. Enfoncer les touches jusqu’à la butée. J’ai en tête les mots de Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit ». Mais là, je suis exténué. Néanmoins, le lendemain, je reçois des patients en consultation, et reprends du poil de la bête chaque jour. Je suis là pour eux. C’est ma mission. Donc, on ne lâche pas. 

Mon stage thérapeutique pendant le Bachelor diététique et nutrition

2èmestage :très grand hôpital d’une très grande ville. Un peu impressionné. Gros dispositif, de nombreux diététiciens et diététiciennes. C’est l’été 2018. Il fait chaud. Canicule, même. Je me partage entre deux tutrices, l’une plutôt sur le diabète, l’autre plutôt en chirurgie viscérale, mais pas que… Là encore, pas super facile de voir des bébés d’un peu plus d’un kilo en couveuse, des ados qui ont des problèmes d’assimilation des protéines ou de tube digestif pas super bien formé. Cette réalité me heurte de plein fouet. Et les professionnels de santé doivent composer avec celle-ci chaque jour. « Au début, c’est chaud. Mais après, tu t’y habitues, sinon c’est même pas la peine de continuer », me dit l’une d’entre elles. 

Au delà de l’aspect thérapeutique, c’est l’aspect humain qui m’a posé le plus de problèmes. Une de mes deux tutrices était… spéciale. J’ai hésité à vous raconter en détail les remarques inutilement blessantes et humiliantes à mon égard. Il y en a eu beaucoup. Mais je crois que ça ne me grandit pas, ni elle, ni personne. Néanmoins, ce stage fut vraiment très formateur. 

Evènement « marquant » :Projet Prévention du premier semestre. Maison de retraite. Dans Paris. On fait une journée d’ « audit », notamment sur la nutrition (omg les quantités de sucre au petit déjeuner. Chocolat chaud + biscottes + confiture + jus d’orange + croissant, hum). Au déjeuner, je demande à une vieille dame si elle veut du pain, elle me répond « non merci ». Je ne le savais pas, mais c’étaient ses dernières paroles. Je me retourne, fais quelques pas, et j’entends un bruit de couverts qui heurte l’assiette. La vieille dame qui ne voulait pas de pain venait de mourir. Elle est évacuée rapidement par l’équipe en place. Voilà. Etre confronté à la mort fait aussi partie de ce métier. Violente prise de conscience de ce réel, qui vient me cogner au fond de l’âme, sèchement, sans prévenir. 

L’examen de BTS : 100 % stress

Juin 2018. Le temps est venu. D’y aller. De se compter. De se mesurer. Et oui, ce n’est pas tout de faire des simulations de notes comme un gamin de 17 ans. A un moment donné, faut se lancer. J’ai donc passé ces 8 épreuves :

– Biochimie-Physiologie, 3 heures d’épreuve, coefficient 2,5.